Samedi 28 avril 2007 6 28 /04 /Avr /2007 14:42

Nous voila depuis un peu plus de deux semaines en Iran. Depuis la decouverte du pays a Tabriz, nous avons progresse un peu dans le dedales d'images qu'offre le pays, et peut-etre un peu aussi dans la comprehension des lieux, quoique souvent j'en doute...

Depuis la frontiere, nous avons traverse des regions de montagnes verdoyantes, ou les bergers rentraient chez eux et traversaient la voie avec leurs troupeaux, en tout point identiques a ceux du khurdistan turc (oui, encore cette espece a longues oreilles tombantes), des champs prepares aux semailles qu'on commencait d'ailleurs en semant a la volee, la main puisant dans un petit sac rebondit accroche sur le ventre. La seule difference marquante avec l'avant (comprenez la turquie) c'etait cette plongee dans l'analphabetisme:nous ne connaissions pas l'alphabet arabe alors, desormais Florian le maitrise a peu pres et seduit les foules en notant en farsi les nouveaux mots qu'on glane tant bien que mal. Autre difference, qui tend a correspondre aux cliches attendus: toute femme desomais porte le voile, et l'immense majorite des enfants alors qu'elles n'y sont pas forcees en dehors de l'ecole avant neuf ans...

Nous avons mis quelques sept heures pour parcourir les 200 km qui nous separaient de Tabriz. Ce n'etait pas la faute du bus, mais des contraintes des zones frontalieres: les controles d'identite furent frequents et longs, le "steward" passant regulierement prendre et rendre les passeports de chacun, et je ne vous raconte pas quand il s'est averre que l'un des passagers n'avait pas de papiers d'identite...

Bref, a Tabriz, le rhume aidant, je n'ai rien compris de ce qui m'arrivait. En quelques heures je suis devenue invisible, une sorte de petit fantome noir sans les habits usuels, nul ne m'adressait la parole, on ne m'entendait pas quand j'essayais de parler, et tout devait tourner autour de Florian. Cela a ete jusqu'a aller voir une chambre d'hotel ou le gerant m'a ferme la porte au nez car il etait evident pour lui que je n'avais rien a faire la et que seul Florian decidait. Ben voyons. Ceci dit, si, au premier abord, on peut rencontrer les cliches que tout un chacun s'attend a voir, la realite est bien plus nuancee et contrastee comme nous n'allions pas tarder a le decouvrir progressivement.

 

 

Par Le fablier sonnait - Publié dans : lefabliersonnait
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