Dimanche 8 avril 2007 7 08 /04 /Avr /2007 10:42

La Turquie pour moi était liée à St Denis et à ma classe au nom ridicule d’ex-non-francophone… C’était le visage fermé et opaque de Samet, les poings enfoncés sur les joues, obstiné dans son refus d’essayer. Pourquoi essayer encore et ne jamais satisfaire? Alors refus de parler, refus de communiquer, refus d’écrire. Un pays par un enfant, un visage unique, comme une vaste incompréhension, la difficulté de tenir un stylo, l’impossibilité de former un mot, et le mal de tête du déchiffrement.

Ici, je découvre des pistes pour mieux comprendre, des ponts qui donnent sur un cul-de-sac entre le turc et le français, faute de connaître et d’adapter... On est d’abord surpris du nombre de mots d’origine française présents tels quels en turc, sans que personne jusqu’ici ne nous ait expliqué d’ou ils venaient: baraj, garaj, kabotaj (!), payzaj, dekorasyon, aksesuar. Le sens est identique entre les deux langues, mais la graphie, assez dépaysante... Quoique plus adéquate à la prononciation.

Je ne m’étendrai pas plus sur le sujet. Juste un soupir de «Si j’avais su...», peut-être.

Autres recoupements sonores amusants: mercimek (lentille), ellemek (toucher). Ou cette plaisanterie turque sur le français et son «qu’est-ce que c’est?» :

«kesköse kes kafasını sok kümese», sorte d’archiduchesse ou de tatillon toutou tu t’attends à ta tonte et tue ton temps... Le sens en est: le glabre se coupe la tête et là met dans le poulailler.

Ce qui fait beaucoup rire les Turcs quand on se présente comme français et qu’on ajoute la petite phrase qu’ils reconnaissent sans trop savoir ce que signifie kesköse.

Par Le fablier sonnait - Publié dans : lefabliersonnait
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