Vendredi 18 mai 2007 5 18 /05 /Mai /2007 16:43

Comment ca je suis trop bref ?

"On se requinque tranquillement dans un ex village de réfugiés tibétain reconverti en haut lieu de méditation, médecine douce, reiki ayurvedique venant étrangement du tibet et autres bizarreries étranges et transcendantales. C'est un peu touristique mais assez cool."


"Pour la petite histoire, le chef de la justice du Pakistan ayant été limogé, il cherche un
confrontation avec le président. Les supporters de l'un a Karachi (avocats, juges...) et de
l'autre (essentiellement l'armée je crois) a Islamabad manifestent pour leurs opinions."

Un peu de patience, on finira par rentrer en France pour tout vous raconter...

Par Le fablier sonnait - Publié dans : lefabliersonnait
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Samedi 28 avril 2007 6 28 /04 /Avr /2007 14:42

Nous voila depuis un peu plus de deux semaines en Iran. Depuis la decouverte du pays a Tabriz, nous avons progresse un peu dans le dedales d'images qu'offre le pays, et peut-etre un peu aussi dans la comprehension des lieux, quoique souvent j'en doute...

Depuis la frontiere, nous avons traverse des regions de montagnes verdoyantes, ou les bergers rentraient chez eux et traversaient la voie avec leurs troupeaux, en tout point identiques a ceux du khurdistan turc (oui, encore cette espece a longues oreilles tombantes), des champs prepares aux semailles qu'on commencait d'ailleurs en semant a la volee, la main puisant dans un petit sac rebondit accroche sur le ventre. La seule difference marquante avec l'avant (comprenez la turquie) c'etait cette plongee dans l'analphabetisme:nous ne connaissions pas l'alphabet arabe alors, desormais Florian le maitrise a peu pres et seduit les foules en notant en farsi les nouveaux mots qu'on glane tant bien que mal. Autre difference, qui tend a correspondre aux cliches attendus: toute femme desomais porte le voile, et l'immense majorite des enfants alors qu'elles n'y sont pas forcees en dehors de l'ecole avant neuf ans...

Nous avons mis quelques sept heures pour parcourir les 200 km qui nous separaient de Tabriz. Ce n'etait pas la faute du bus, mais des contraintes des zones frontalieres: les controles d'identite furent frequents et longs, le "steward" passant regulierement prendre et rendre les passeports de chacun, et je ne vous raconte pas quand il s'est averre que l'un des passagers n'avait pas de papiers d'identite...

Bref, a Tabriz, le rhume aidant, je n'ai rien compris de ce qui m'arrivait. En quelques heures je suis devenue invisible, une sorte de petit fantome noir sans les habits usuels, nul ne m'adressait la parole, on ne m'entendait pas quand j'essayais de parler, et tout devait tourner autour de Florian. Cela a ete jusqu'a aller voir une chambre d'hotel ou le gerant m'a ferme la porte au nez car il etait evident pour lui que je n'avais rien a faire la et que seul Florian decidait. Ben voyons. Ceci dit, si, au premier abord, on peut rencontrer les cliches que tout un chacun s'attend a voir, la realite est bien plus nuancee et contrastee comme nous n'allions pas tarder a le decouvrir progressivement.

 

 

Par Le fablier sonnait - Publié dans : lefabliersonnait
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Vendredi 13 avril 2007 5 13 /04 /Avr /2007 09:50

A Dogubeyazit, on prend le dolmus pour la frontiere iranienne. Selon les us et coutumes du vehicule, on attend la que le nombre suffisant de voyageurs se soient presentes pour rentabiliser le trajet. Dolmus est en effet derive de dolma, terme culinaire signifiant farci, par exemple les palican dolma sont de delicieuses aubergines farcies. Ainsi un dolmus ne roulera que farci de chair humaine, on y met facilement jusqu'a dix-sept personnes, y compris sur des tabourets de plastique au milieu de l'allee. L'attente est longue et aleatoire, mais on en a profite pour contempler longuement le mont Ararat, juste en face du dolmus, qui nous a fait l'honneur de se decouvrir un peu pour rapidement remettre un voile de nuages. Les trois quarts du mont sont blancs de neige, on la devine epaisse. Sous le soleil, ses flancs deviennent jaune d'or et les cumuli epaissis prennent le meme teinte. Le mont est une fresque de decor pose a l'horizon, on aurait gomme le sommet, insatisfait du trace, mais la couleur bave vers le ciel en trainees larges... Et l'arche, dont on ne parle pas plus qu'au temps de Marco Polo, reste dans les nues.

Enfin on part, nos voisins sont des iraniens rentrant au pays apres avoir fait leurs achats de couches... On a demande mais pas tres bien compris la reponse du pourquoi... Alors on se gorge du paysage qui defile sans trop se soucier du chauffeur qui reste accroche a la voie de gauche et se rabat tout juste au milieu quand il faut croiser un autre vehicule. Les montagnes aux formes douces, jaunes, ocres, vertes, violettes, rouges, bleues, neige... Les champs qui s'appretent a la semaille, les bergers et leurs moutons noirs bruns blancs, a poil long et longues oreilles tombantes.

Puis, voici la frontiere a l'horizon, un grand drapeau turc creuse dans la montagne, souligne du nom du pays, au cas ou ce ne serait pas tres clair. On marche longtemps pour atteindre le poste frontiere ou le domus ne peut penetrer. Un tampon nouveau sur le passeport, on avance vers les grilles terminant la Turquie, un dernier controle, et nous voila dans cet entre deux mondes. Un espace de 50 cm entre deux grilles closes qui couvrent toute la route. On s'entasse la avec les familles et les bagages dans le seul espace couvert de flaques de tout l'entour. On attend...

Enfin un officiel a fines moustaches, vetu d'un costume vert kaki, arrive et ouvre la grille cote Iran et controle tous les passeports, ceux des frontaliers sont couverts de tampons... Quand il voit deux etrangers, on a droit a un traitement de faveur: il garde nos passeport en main et avance vers le poste controle, rempli un petite feuille rose qu'il faudra eviter de perdre, on nous rend le tout bien estampille, et puisqu'on est francais et pas on ne sait trop quoi, on passe sans vider nos sacs devant les douaniers: nous voila de l'autre cote, dans l'inconnu. Enfin, on sait deja que le centre sanitaire de la frontiere conseille aux enfants de se laver les mains apres avoir joue a arracher les plumes de la poule familiale, c'est deja ca...

On attrape un bus qui semble aller a Tabriz, et nous voila partis...

La suite au prochain numero, et tant pis pour les accents cette fois. Sachez juste que le bus allait effectivement a Tabriz et que c'est de la que je vous ecris...

Par Le fablier sonnait - Publié dans : lefabliersonnait
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Dimanche 8 avril 2007 7 08 /04 /Avr /2007 10:42

La Turquie pour moi était liée à St Denis et à ma classe au nom ridicule d’ex-non-francophone… C’était le visage fermé et opaque de Samet, les poings enfoncés sur les joues, obstiné dans son refus d’essayer. Pourquoi essayer encore et ne jamais satisfaire? Alors refus de parler, refus de communiquer, refus d’écrire. Un pays par un enfant, un visage unique, comme une vaste incompréhension, la difficulté de tenir un stylo, l’impossibilité de former un mot, et le mal de tête du déchiffrement.

Ici, je découvre des pistes pour mieux comprendre, des ponts qui donnent sur un cul-de-sac entre le turc et le français, faute de connaître et d’adapter... On est d’abord surpris du nombre de mots d’origine française présents tels quels en turc, sans que personne jusqu’ici ne nous ait expliqué d’ou ils venaient: baraj, garaj, kabotaj (!), payzaj, dekorasyon, aksesuar. Le sens est identique entre les deux langues, mais la graphie, assez dépaysante... Quoique plus adéquate à la prononciation.

Je ne m’étendrai pas plus sur le sujet. Juste un soupir de «Si j’avais su...», peut-être.

Autres recoupements sonores amusants: mercimek (lentille), ellemek (toucher). Ou cette plaisanterie turque sur le français et son «qu’est-ce que c’est?» :

«kesköse kes kafasını sok kümese», sorte d’archiduchesse ou de tatillon toutou tu t’attends à ta tonte et tue ton temps... Le sens en est: le glabre se coupe la tête et là met dans le poulailler.

Ce qui fait beaucoup rire les Turcs quand on se présente comme français et qu’on ajoute la petite phrase qu’ils reconnaissent sans trop savoir ce que signifie kesköse.

Par Le fablier sonnait - Publié dans : lefabliersonnait
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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /Mars /2007 15:14

Bonjour à tous,

Et c'est ainsi que nous arrivâmes dans cette grotte, très bien aménagée ma foi.
Suite au prochain numéro...

Florian

PS : 
J'ai pu faire une mosquée en aquarelle sans trop faire de traits noirs.
Le guichetier a collé du papier doré sur nos papiers.
La tempête de sable s'approche et la neige a fondu.
J'aime les bisous qui ont le gout sucré des bakalavas au miel.
Ankara est moderne par son métro et ses mosquées en béton armé.
Moins par ses trottoirs défoncés.
Hoşçakal.

Par Florian - Publié dans : lefabliersonnait
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