Vendredi 13 avril 2007
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09:50
A Dogubeyazit, on prend le dolmus pour la frontiere iranienne. Selon les us et coutumes du vehicule, on attend la que le nombre suffisant de voyageurs se soient presentes pour rentabiliser le trajet. Dolmus est en effet derive de dolma, terme culinaire signifiant farci, par exemple les palican dolma sont de delicieuses aubergines farcies. Ainsi un dolmus ne roulera que farci de chair humaine, on y met facilement jusqu'a dix-sept personnes, y compris sur des tabourets de plastique au milieu de l'allee. L'attente est longue et aleatoire, mais on en a profite pour contempler longuement le mont Ararat, juste en face du dolmus, qui nous a fait l'honneur de se decouvrir un peu pour rapidement remettre un voile de nuages. Les trois quarts du mont sont blancs de neige, on la devine epaisse. Sous le soleil, ses flancs deviennent jaune d'or et les cumuli epaissis prennent le meme teinte. Le mont est une fresque de decor pose a l'horizon, on aurait gomme le sommet, insatisfait du trace, mais la couleur bave vers le ciel en trainees larges... Et l'arche, dont on ne parle pas plus qu'au temps de Marco Polo, reste dans les nues.
Enfin on part, nos voisins sont des iraniens rentrant au pays apres avoir fait leurs achats de couches... On a demande mais pas tres bien compris la reponse du pourquoi... Alors on se gorge du paysage qui defile sans trop se soucier du chauffeur qui reste accroche a la voie de gauche et se rabat tout juste au milieu quand il faut croiser un autre vehicule. Les montagnes aux formes douces, jaunes, ocres, vertes, violettes, rouges, bleues, neige... Les champs qui s'appretent a la semaille, les bergers et leurs moutons noirs bruns blancs, a poil long et longues oreilles tombantes.
Puis, voici la frontiere a l'horizon, un grand drapeau turc creuse dans la montagne, souligne du nom du pays, au cas ou ce ne serait pas tres clair. On marche longtemps pour atteindre le poste frontiere ou le domus ne peut penetrer. Un tampon nouveau sur le passeport, on avance vers les grilles terminant la Turquie, un dernier controle, et nous voila dans cet entre deux mondes. Un espace de 50 cm entre deux grilles closes qui couvrent toute la route. On s'entasse la avec les familles et les bagages dans le seul espace couvert de flaques de tout l'entour. On attend...
Enfin un officiel a fines moustaches, vetu d'un costume vert kaki, arrive et ouvre la grille cote Iran et controle tous les passeports, ceux des frontaliers sont couverts de tampons... Quand il voit deux etrangers, on a droit a un traitement de faveur: il garde nos passeport en main et avance vers le poste controle, rempli un petite feuille rose qu'il faudra eviter de perdre, on nous rend le tout bien estampille, et puisqu'on est francais et pas on ne sait trop quoi, on passe sans vider nos sacs devant les douaniers: nous voila de l'autre cote, dans l'inconnu. Enfin, on sait deja que le centre sanitaire de la frontiere conseille aux enfants de se laver les mains apres avoir joue a arracher les plumes de la poule familiale, c'est deja ca...
On attrape un bus qui semble aller a Tabriz, et nous voila partis...
La suite au prochain numero, et tant pis pour les accents cette fois. Sachez juste que le bus allait effectivement a Tabriz et que c'est de la que je vous ecris...